Cette page est un complément à Georges Brassens et Beau comme une école qui brûle, dans la rubrique Divers.
Voici donc un inédit de Brassens qui vaut le détour.
C’est Jean Bertola qui nous fait découvrir cette chanson, La maîtresse d’école, en 1981 :
https://www.youtube.com/watch?v=Js168nlC6zk
Que retenir de ce texte ?
On pourrait faire un faux procès à cette maîtresse généreuse d’acheter ses élèves, avec une récompense, rejoignant alors la méritocratie. On passerait à côté du message. Non, les bisous, sur la bouche… actuellement tonton Georges serait taxé de pervers… bref, ces bisous redonnent confiance aux gamins, qui se mettent à aimer apprendre, car ils le font… avec plaisir !
Quelle puissance d’amour cette maîtresse-là ! Qu’on aurait aimé en avoir une comme elle !
Bon, univers scolaire oblige, les élèves « réussissent leur année »… mais cette fable à une morale… cette méthode est jugée inapte et la maîtresse renvoyée !
La réalité de l’école sous le capitalisme c’est de préparer les enfants à devenir des esclaves salariés. Dociles et travailleurs. Silence dans les rangs !
Discipline, ordre, compétition, punition.
Nous haïssons l’école et cette société qui la promeut.
Vite, allons réécouter Fais attention, d’Yvette Théraulaz, dans la rubrique Analyses :
https://www.youtube.com/watch?v=l116T3-26SY
Ont repris cette chanson, Yves Duteil et Maxime Le Forestier, dont nous avons pointé son magnifique J’m’en fous d’la France, dans la rubrique Analyses.
Paroles
À l’école où nous avons appris l’ABC,
La maîtresse avait des méthodes avancées.
Comme il fut doux le temps, bien éphémère, hélas !
Où cette bonne fée régna sur notre classe,
Régna sur notre classe.
Avant elle, nous étions tous des paresseux,
Des lève-nez, des cancres, des crétins crasseux.
En travaillant exclusivement que pour nous,
Les marchands d’âne étaient sur les genoux,
Étaient sur les genoux.
La maîtresse avait des méthodes avancées :
Au premier de la classe elle promit un baiser,
Un baiser pour de bon, un baiser libertin,
Un baiser sur la bouche, enfin bref, un patin,
Enfin bref, un patin.
Aux pupitres alors, quelque chose changea,
L’école buissonnière eut plus jamais un chat.
Et les pauvres marchands de bonnets d’âne, crac!
Connurent tout à coup la faillite, le krack,
La faillite, le krack.
Lorsque le proviseur, à la fin de l’année,
Nous lut les résultats, il fut bien étonné.
La maîtresse, elle, rougit comme un coquelicot,
Car nous étions tous prix d’excellence ex æquo,
D’excellence ex æquo.
À la récréation, la bonne fée se mit
En devoir de tenir ce qu’elle avait promis.
Et comme elle embrassa quarante lauréats,
Jusqu’à une heure indue la séance dura,
La séance dura.
Ce système bien sûr ne fut jamais admis
Par l’imbécile alors recteur d’académie.
De l’école, en dépit de son beau palmarès,
On chassa pour toujours notre chère maîtresse,
Notre chère maîtresse.
Le cancre fit alors sa réapparition,
Le fort en thème est redevenu l’exception.
A la fin de l’année suivante, quel fiasco !
Nous étions tous derniers de la classe ex æquo,
De la classe ex æquo !
À l’école où nous avons appris l’ABC,
La maîtresse avait des méthodes avancées.
Comme il fut doux le temps, bien éphémère, hélas !
Où cette bonne fée régna sur notre classe,
Régna sur notre classe.