La guerra di Piero


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Fabrizio de André compose et chante La guerra di Piero, en 1964.
Nous sommes toujours entre deux guerres, ne l’oublions pas ! Il est donc important de toujours cracher sur les fauteurs de guerre qui les créent et en profitent : industriels, trafiquants (marchands ?!) d’armes, politiciens, curés de tous bords (nationalistes en tête).
Nous, les petits, les humbles, les chair à patron/chair à canon, nous subissons leurs guerres. Rappelons-nous ce mot d’ordre, sortis des manifestations anti-guerre de ce siècle :
                                        Ce sont leurs guerres, ce sont nos morts !
Nous pensons à la chanson, traitée dans la rubrique Analyses, Le soldat de Marsala.
Nous avons mentionné les apports de Fabrizio à plusieurs reprises, dans notre rubrique Divers :
* dans Georges Brassens, dont il fut l’admirateur, le traducteur et l’interprète ;
* dans Sous les pavés la plage – La bande-son de mai 68 ;
* et enfin, dans Variétoche 4.
Et une apparition, dans notre rubrique Analyses :
* dans Nella mia ora di libertà.


Paroles
La guerra di Piero

Dormi sepolto in un campo di grano
Non è la rosa, non è il tulipano
Che ti fan veglia dall’ombra dei fossi
Ma sono mille papaveri rossi

Lungo le sponde del mio torrente
Voglio che scendano i lucci argentati
Non più i cadaveri dei soldati
Portati in braccio dalla corrente

Così dicevi, ed era d’inverno
E come gli altri verso l’inferno
Te ne vai triste come chi deve
Il vento ti sputa in faccia la neve

Fermati Piero, fermati adesso
Lascia che il vento ti passi un po’ addosso
Dei morti in battaglia ti porti la voce
Chi diede la vita ebbe in cambio una croce

Ma tu non lo udisti e il tempo passava
Con le stagioni a passo di giava
Ed arrivasti a passar la frontiera
In un bel giorno di primavera

E mentre marciavi con l’anima in spalle
Vedesti un uomo in fondo alla valle
Che aveva il tuo stesso identico umore
Ma la divisa di un altro colore

Sparagli Piero, sparagli ora
E dopo un colpo sparagli ancora
Fino a che tu non lo vedrai esangue
Cadere in terra a coprire il suo sangue

E se gli sparo in fronte o nel cuore
Soltanto il tempo avrà per morire
Ma il tempo a me resterà per vedere
Vedere gli occhi di un uomo che muore

E mentre gli usi questa premura
Quello si volta, ti vede e ha paura
Ed imbracciata l’artiglieria
Non ti ricambia la cortesia

Cadesti a terra senza un lamento
E ti accorgesti in un solo momento
Che il tempo non ti sarebbe bastato
A chieder perdono per ogni peccato

Cadesti a terra senza un lamento
E ti accorgesti in un solo momento
Che la tua vita finiva quel giorno
E non ci sarebbe stato ritorno

Ninetta mia, crepare di maggio
Ci vuole tanto, troppo coraggio
Ninetta bella, dritto all’inferno
Avrei preferito andarci d’inverno

E mentre il grano ti stava a sentire
Dentro alle mani stringevi un fucile
Dentro alla bocca stringevi parole
Troppo gelate per sciogliersi al sole

Dormi sepolto in un campo di grano
Non è la rosa, non è il tulipano
Che ti fan veglia dall’ombra dei fossi
Ma sono mille papaveri rossi.

La guerre de Pierre

Tu reposes étendu dans un champs de blé
Ce n’est pas la rose, ce n’est pas l’œillet
Qui te veillent depuis l’ombre des fossés
Mais ce sont mille coquelicots rouges.

Le long des berges de mon torrent
Je veux que descendent les poissons d’argent
Et non plus les cadavres des soldats
Emportés par le courant.

Ainsi pensais-tu, et c’était l’hiver
Et comme les autres vers l’enfer
Tu t’en vas triste comme il se doit
Le vent te crache la neige au visage.

Arrête-toi, Pierre, arrête-toi maintenant
Laisse que le vent te caresse un peu
Des morts en bataille il emporte la voix
Qui donna sa vie en échange eut une croix.

Mais tu ne l’entendis pas et le temps passa
Avec les saisons, sur un pas de java
Et tu parvins à percer la frontière
Par un belle matinée printanière.

Et pendant que tu marchais, ta peine en fardeau
Tu vis un homme au fond de la vallée
Qui partageait avec toi ton humeur
Mais son uniforme était d’une autre couleur.

Tire, Pierre, tire maintenant !
Et après le premier coup, tire encore,
Jusqu’à ce que tu ne le voies, tout blanc,
Glisser à terre et recouvrir son sang.

Mais si je tire au front ou dans le cœur
Il n’aura que le temps de mourir
Mais il me restera le temps pour cueillir
Le dernier regard d’un homme qui se meurt.

Et pendant que tu lui accordes ce répit
Celui-là se retourne, te voit et s’affole
Et, saisissant l’artillerie
Ne te rend pas ta courtoisie.

Tu tombas à terre sans une plainte
Et t’aperçus en un instant
Que le temps allait te manquer
Pour expier chaque péché.

Tu tombas à terre sans une plainte
Et t’aperçus en un instant
Que ta vie s’arrêtait en ce jour
Et qu’il n’y aurait pas de retour.

Ma Ninon, pour crever en mai
Il faut beaucoup, trop de courage
Ma belle Ninette, tout droit en enfer
J’aurais préféré partir en hiver.

Et pendant que le blé t’écoutait
Dans tes mains ton fusil tu serrais
Dans ta bouche tu serrais des mots
Trop gelés pour se fondre au soleil.

Tu reposes étendu dans un champs de blé
Ce n’est pas la rose, ce n’est pas l’œillet
Qui te veillent depuis l’ombre des fossés
Mais ce sont mille coquelicots rouges.

 


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